Leffonds

L'église Saint-Denis

Visite commentée de l'église samedi 17 août 2019

La partie la plus ancienne de l'église actuelle est la tour-porche, édifiée en 1828. La commune décide en 1846 de rebâtir l'ensemble de l'église et les plans en sont fournis le 1er décembre 1847 par l'architecte Paul Péchiné, de Langres. Ce premier devis prévoyait une nef de trois travées, un transept non saillant et un choeur à cinq pans. Un second devis du 20 mai 1849 du même architecte conservait la nef ancienne mais proposait un transept saillant avec chapelles orientées et un choeur ceinturé par un déambulatoire. C'est ce devis qui fut exécuté suite à une adjudication passée en juin 1849 (la date de 1849 est inscrite sur l'édifice) et la réception des travaux eut lieu en février 1851. En février 1852 de nouveaux plans furent dressés pour reconstruire la nef, toujours par Péchiné : le vaisseau central reprenait les dimensions de l'ancien mais les bas-côtés étaient doublés de largeur. L'architecte prévoyait de modifier les baies du clocher pour l'harmoniser avec le style néo-gothique du nouvel édifice, ce qui ne fut réalisé qu'en partie.
Edifice à plan en croix latine.
Nef à trois vaisseaux de trois travées, transept saillant avec chapelles orientées, choeur entouré d'un déambulatoire. L'ensemble est voûté d'ogives. La base de la toiture du choeur, à croupe polygonale, est masquée par une balustrade ponctuée de pinacles, dispositif identique dans les bas-côtés, mais où la balustrade feinte est en fait intégrée au comble. Le clocher surmontant la tour-porche est couvert en ardoise, le reste de l'édifice en tuile mécanique.
Tour-porche, piliers, contreforts et encadrements de baies sont en pierre de taille et le reste de l'édifice est en moellon.

Description de l'église dans le devis du 1er décembre 1847 de reconstruction de Paul Péchiné :
L'église actuelle, quoique ne remontant pas au-delà du 15e siècle, est en mauvais état et demande des réparations assez considérables. Elle est d'ailleurs trop étroite pour contenir la population présente. C'est pourquoi il a été décidé que l'église serait reconstruite pour ce qui regarde la nef et le sanctuaire, la tour ayant été bâtie il y a peu d'années sera conservée et restaurée. [...] Il (= l'entrepreneur) devra soigner la démolition des voûtes afin de réemployer et conserver les nervures et surtout les clefs de voûtes qui offrent de l'intérêt [...] Les moellons emloyés seront pris dans la démlition et dans les meilleures crrières du pays pour les façades à l'ouest et au sud, et pour les socles. Pour les façades à l'est et au nord, on pourra prendre des moellons piqué à Bugnières, pourvu qu'ils soient non gélifs et placés au-dessus du socle. La carrière de Villiers pourra fournir la maçonnerie intérieure. Les carrière du pays indiquées sont celles dites sous les Bochots. [...] La pierre (de taille) sera prise dans la démolition ou dans les carrières de Crenay ou de Bugnières pour l'extérieur et dans celle de Villiers pour la pierre de taille employée à l'intérieur. Pour les socles des contreforts on emploiera de la pierre de Roche. [...] Le dallage du sanctuaire sera fait en carreaux exagonal (sic. !) provenant de Châtillon-sur-Seine ou de Tonnerre, disposés en losange avec frise au pourtour, polis très proprement à la pierre ponce puis revêtus d'encaustique.

Samedi 17 août, c’était pour le village de Leffonds, et ses quelques habitants intéressés, un après-midi studieux pour découvrir son église avec son passé et celle de ses Saints. Francis Michelot passionné d’histoire a réalisé un commentaire historique durant une heure et demi. Les visiteurs ont pu découvrir l’évolution de ce bâtiment. L’église de style néo-gothique était en très mauvais état en 1847, quoique ne remontant pas au-delà du 15e siècle, et les réparations semblaient considérables. Elle était d’ailleurs trop étroite pour contenir la population présente à cette époque « 848 habitants en 1831 ». C’est pourquoi la commune  décide en 1846  de rebâtir l’ensemble de l’église et les plans en sont fournis le 20 mai 1849 par l'architecte Paul Péchiné, de Langres. La réception des travaux eut lieu en février 1851. Et en 1852 de nouveaux plans furent dressés, par le même architecte, pour reconstruire la nef. Il y a peu d’églises en France dont le chœur est entouré d’un déambulatoire, c'est à dire que l'on peut en faire le tour. L'ensemble est voûté d'ogives. Pour cette reconstruction, les matériaux utilisés seront pris dans la démolition et dans les meilleures carrières des villages voisins, « Bugnières, Crenay, Villiers-sur Suize. Seul le dallage du sanctuaire provient de Chatillon-sur Seine ou de Tonnerre. Les vitraux pour lesquels la commune consent régulièrement des dépenses pour les maintenir en bon état de conservation sont magnifiques. Ils représentent différents Saints qui ont été martyrisés pour beaucoup d’entre eux. M. Michelot les a passé en revue et a expliqué comment ils ont terminé leur vie. La légende de Sainte Bologne, pour ne citer qu’elle, par exemple a retenu l’attention les auditeurs. A l’extérieur, chacun a pu découvrir les pierres avec leurs inscriptions, et les noms des commanditaires de l’époque. Le clocher a fait l’objet d’une première rénovation en 1910 et d’une deuxième en 2014. Aujourd’hui les trois cloches se font entendre, donnent les heures et les demi-heures, rassemblent encore les villageois et donnent vie au village et personne ne s’en plaint. Un petit verre de l’amitié et quelques biscuits ont clos cette visite.

Date de dernière mise à jour : 30/06/2020

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