Leffonds

L'abbaye de Mormant Revivra

Il faut sauver Mormant

LEFFONDS:  Le site de Mormant est en péril faute de travaux de consolidation ces bâtiments. Deux associations espèrent encore faire bouger les choses.

L’association « L’abbaye Mormant Revivra » a déposé un nouveau dossier à la Mission Bern en espérant obtenir quelques subsides afin d’avancer dans la rénovation de la Maison Dieu
de Leffonds. Le site de Mormant est en péril faute de travaux de consolidation des bâtiments. Deux associations espèrent encore faire bouger les choses. L'histoire du site qu'on appelle communément « l'Abbaye de Mormant », à Leffonds, bien que ce n'ait jamais été une abbaye, démarre dans les années 1095-1099, à l'époque de la première croisade. « C'était dès l'origine un hôpital de chemin destiné à accueillir les pèlerins », rappelle Alain Catherinet, historien local, impliqué dans l'association Mormant revivra. Le site a été fondé par Hugues Bardoul II de Broyes-Châteauvillain, seigneur champenois. Ce premier hôpital est encore visible. Il a été transformé en bâtiment agricole et appartient à des privés. Un deuxième hôpital est construit au milieu du XIIe siècle. Cette Maison-Dieu connaît des modifications importantes à la fin du XVe et au début du XVIe siècle avec Pierre de Bosredon. Le chevalier de Rhodes a reçu Mormant en récompense. Il y a monté des murailles de 6 de haut avec des tours. Il a aussi fait bâtir le château de Mormant, une partie de l’église et aménagé des cellules pour les moines à l’étage de la Maison Dieu. « C’était un grand mécène. »

Bâtiment exceptionnel

Au fil des siècles, l'église et la maison seigneuriale ont disparu. Mais la Maison-Dieu est toujours debout... difficilement. « En France, il ne reste aucun autre hôpital de chemin de cette époque-là », insiste Alain Catherinet, sous le charme d'un lieu qui a vu passer des Chanoines, des Hospitaliers ou encore les mythiques Templiers pour une poignée d'années. L'historien se désole : « Le bâtiment est en train de disparaître, ça fait vingt ans qu'il y a urgence à faire des travaux et rien ne bouge ». La Maison-Dieu souffre notamment des conséquences d'une réfection mal réalisée de la toiture au milieu du XIXe siècle qui met en péril sa structure. La commune en est devenue propriétaire en 1982 et a délégué l'animation du site à Mormant re­vivra. « Nous avons mis en place une signalétique pour les visiteurs, nous faisions aussi des visites commentées jusqu'il y a deux ans et demi ». Alain Catherinet regrette: « Aujourd'hui, on ne peut plus faire visiter l'in­térieur du bâtiment, il a été fermé par des grilles car c'est trop dange­reux ». C'est aussi l'association qui avait levé des fonds pour la rénovation du toit dans les années 80 et qui contribue encore aujourd'hui au petit entretien avec le concours de.la commune. Le président Arnaud Devilliers l'assure: « La mairie reste un partenaire ».

Que peuvent-ils faire?

M.-C. Lavocat, présidente des Trois forêts, explique qu'elle n'a pas les moyens de prendre en charge les travaux. La collectivité pourrait toutefois financer une étude «indépendante», si le dossier se débloque. B. Abba la députée, de son côté, souhaite réu­nir tous les acteurs du dossier « après les Municipales ».

Pour empêcher l'effondrement de la Maison-Dieu, une réhabilitation colossale de plusieurs millions d'euros est nécessaire. Elle ne peut être assumée financièrement et techniquement par la seule commune de Leffonds (350 habitants). Cette dernière a cédé le site à l’association « Mormant Revivra » pour le franc symbolique. Consciente de cela, l'association avait dès sa création vocation à accompagner la mairie dans la recherche de financements. Alain Catherinet soupire : « On est allé taper à toutes les portes mais on ne peut pas faire à la place du propriétaire ! » soupire Alain Catherinet. « Il n'y a pas de volonté pour l'heure de financer un projet plus pérenne », admet Arnaud Devilliers. Les Pays de Chaumont et de Langres, la communauté de communes des Trois Forêts, l'Architecte des Bâtiments de France, la préfecture, la fondation du patrimoine ou encore les parlementaires ont été interpellés. On aurait pu par le passé bénéficier de crédits européens, l’ABF pouvait aussi nous aider sur des travaux de protection et le préfet de l’époque avait fait inscrire le financement d’une étude dans le contrat du plan Etat-Région 2015/2020. On est en train de passer à côté », se désole l'historien. Deux dossiers ont aussi été déposés en 2018 et 2019 auprès de la Mis­sion Bern qui n'a pas donné suite.

Alain Catherinet, historien local, est un des fervents défenseurs de Mormant.

Catherinet

NOURRIR UN NOUVEAU PROJET
Le sujet revient sur la table, car Charles Myber, de l'association Renaissance de la Via Francigena, s'y intéresse. Il nourrit avec  Arnaud Devilliers un projet de réhabilita­tion du site qui lui donnerait une nouvelle destination (lire ci-des­sous) et un nouveau dossier a été déposé à la Mission Bern. « On le sait aucune commune ou commu­nauté de communes n'a la possibilité de financer de tels travaux, même l'État n’a plus les moyens d’investir suffisamment », Commente Charles Myber. Il reste convaincu que si on rénove pour réutiliser, il sera possible d'intéresser davantage de financeurs. Aussi, la création du Parc national apparaît comme une opportunité à saisir pour obtenir des crédits d'État. Arnaud Devilliers continue d'espérer un sauvetage de Mormant. Il le dit sans détours: « On abandonnera jamais ».

                                                                                                                      Orianne gayer

*A noter : La maire de Leffonds n'a pas souhaité répondre à nos ques­tions sur le sujet.

Mormant: une pépite sur le parcours de ta Via Francigena

A savoir :

On a redéposé un dossier à la Mission Bern avec Mormant revivra » com­mence Charles Myber, à la tête de l'asso­ciation Renaissance de la Via Francigena*, très intéressé par la Maison-Dieu de Mormant. Le site, à vocation religieuse, se trouve sur le parcours de cette voie de pèlerinage en plein regain d'intérêt et qui cherche sa labellisation au patrimoine mondial de l'Unesco.

UNE ÉTUDE

Selon Charles Myber, la priorité est déjà de réaliser une étude pour savoir combien pourraient coûter la stabili­sation du bâtiment et l'aménagement d'une partie du lieu. « C'est un énorme projet qui va prendre un temps long », assure-t-il. Conscient qu'il est compliqué aujourd'hui d'obtenir des crédits pour restaurer des bâtiments anciens, sans intention de les réutiliser, il y imagine de pair avec Arnaud Devilliers un hébergement pour les randonneurs et les pèlerins, un espace muséal pour y parler de la Via Francigena, du site de Mormant et des Templiers et un espace événement (concert et exposition)

* L'info en plus

La Via Francigena est le chemin de pèlerinage qui va de Canterbury (Angleterre), à Rome (Italie). Son tra­cé est celui emprunté par Sigéric en 990 afin de recevoir le pallium, sym­bole de sa nomination d'archevêque de Canterbury, du pape Jean XV.

Charles Myber

Myber

Première rencontre sur la Via Francigena à Leffonds

Ce samedi 14 mai 2016 de nombreuses personnes sont venus à Leffonds pour une première rencontre sur la Via Francigena. Les élus locaux avaient fait le déplacement M. Sido Président du Conseil départemental, Mme Lavocat, Vice-Présidente du Conseil départemental, Monsieur Stephane Martinelli, conseiller départemental, Monseigneur de Metz Noblat, Evêque de Langres, M. Tedeschi Massimo, Président de l'association Européenne de la Via Francigena, Mr Bruschi Luca (Directeur de la même association), M. Leroux J François : Président de association renaissance de l'abbaye de Clairvaux, M. Villeger Jean, Vicaire épiscopal. Dès 9 h 00 Charles Myber présentait avec M.Tedeschi une exposition sur la Via Francigena. Leur principal objectif est de fédérer les associations, les institutions régionales, les départements, les communautés de communes autour d’un projet de tourisme durable afin de proposer un « produit culturel » et de permettre aux régions traversées, d’en tirer le meilleur profit économique. Tous les élus ont partagé le même élan en encourageant les acteurs de cette initiative dans la continuité de leurs actions. Tout le monde s’est retrouvé en l’église Saint-Denis pour une intervention de Monseigneur de Metz Noblat sur le sens du pèlerinage. Le pèlerinage est une démarche qui a un sens, un but, une motivation. C’est un temps de remise en cause, un moment de quête et de questionnement. Après les passages difficiles ou risqués, il y a les bonheurs de la route, les moments heureux, qui peuvent être, eux aussi, comparés à ceux que nous rencontrons dans notre vie quotidienne. Ce fut ensuite l’inauguration d’une plaque de pèlerin sur le mur de l’église, suivi d’une marche de Leffonds à Mormant pour plus d’une centaine de participants. Une plaque a également été inaugurée sur l’abbaye. Les plaques ont été fabriquées par une entreprise de la haute-Marne et offertes par l’office de tourisme des Trois forêts. Les visiteurs ont pu découvrir les différents stands de librairie et de découvertes mis en place par l’association de Mormant et l'office de tourisme précitée. Après une visite du site de Mormant plus d’une centaine de personnes ont partagé sur place sous une grande tente l’assiette du pèlerin. Tout le monde était ravi, l’ambiance était conviviale et décontractée, un seul bémol une température un peu basse. La Via Francigena « Voie des Français », est un réseau de routes et chemins empruntés par les pèlerins venant de « France » pour se rendre à Rome. Ce chemin de pèlerinage qui va de Canterbury à Rome retrace la route que suivit Sigéric pour se rendre à Rome en 990 afin d'y rencontrer le pape Jean XV, et de recevoir de celui-ci du le pallium de sa nomination d'archevêque de Canterbury. Il a été archevêque de Canterbury de 990 à 994. L’itinéraire de son retour en 79 étapes d’environ 20 km est à l’origine de cette ancienne voie médiévale qui est aujourd’hui reconnue comme Grand Itinéraire Culturel du Conseil de l'Europe. Elle passe en France par Calais, Arras, Reims, Chalons en Champagne, Bar-sur-Aube, Langres, Besançon et Pontarlier. Elle traverse les départements du Pas de Calais, de la Somme, de l’Aisne, de la Marne, de la Haute-Marne, de la Haute-Saône et du Doubs. La Maison dieu de Mormant fondée en 1120, située sur la Via Francigena a une vocation à cette époque de maison hospitalière pour les pèlerins. C’est une ancienne commanderie, et Mormant faisait partie des hôpitaux- hôtelleries que comptait la France au Moyen-Âge. Gérée par les augustins et dotée de nombreuses donations, Mormant passe ensuite entre les mains des Templiers, ordre militaire religieux chargé de protéger les pèlerins le long des routes qui mènent aux lieux saints. Le site aménagé en sentier pédagogique, permet de découvrir l’hôtellerie-réfectoire du XIe siècle, la Maison-Dieu du XIIe siècle, les vestiges du rempart. En 1982, une association a été créée : L'Association "L'abbaye de Mormant revivra". Son objectif était de mieux faire connaître et de valoriser le site de Mormant. Au-delà de la poursuite des recherches historiques, elle s'attachait également à organiser des fêtes à thématique moyenâgeuse, des visites guidées ou des découvertes pédagogiques pour les scolaires, à présenter des expositions et à publier des revues et brochures. Elle est à l'origine de la création d'un sentier de découverte du site qui amène le promeneur sur les points importants de l'abbaye. Un fléchage et des bornes thématiques permettent de mieux appréhender l'importance historique du lieu. Ainsi, de nos jours, les visiteurs peuvent voir sur le site de l'abbaye : Le bâtiment de la Maison-Dieu, appelée encore « grange dîmière ». Elle est remblayée sur environ 1,80 mètre et est composée de quatre travées. Les trois travées primitives sont voutées sur croisée d'ogive sculptées de 3 tores retombants sur des chapiteaux à la corbeille sculptées de symboles végétaux et géométriques. La dernière est voutée d'ogive, sa clef étant historiée aux armes de l'Ordre des Hospitaliers. Au premier étage du bâtiment, on trouve des cellules et un dortoir. Dans l'une de ces cellules, on trouve sur l'un des murs une fresque datée de la fin du XVIe vandalisée depuis. On peut également voir le bâtiment de l'hôtellerie-hôpital, constitués de deux longues nefs voutées en berceaux cintrés reposant sur 21 colonnes. Les arcades, formées d'un seul rouleau en pierre de taille, déterminaient les espaces pour les malades. Sa face nord est éclairée par cinq fenêtres et compte trois portes. Subsiste également le caveau du commandeur, originellement creusé sous l'église, à l'est de la Maison-Dieu. Il présente quelques fragments du cénotaphe, débarrassé de ses ornements. Subsiste aussi des ruines de la maison forte de l'enceinte, avec quelques pans assez bien conservés, avec porte et bouche à feu. Le site est classé : Le bâtiment de la Maison-Dieu fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 21 juillet 1989. Il est la propriété de la commune de Leffonds. L'ancien hôtellerie-hôpital, les vestiges du mur d'enceinte et le caveau du commandeur de Bosredon sont inscrits en totalité à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques par arrêté du 21 juillet 1989. Ils sont propriété privée. Les conditions de sécurité n’étant plus assurées le site est interdit aux visites intérieures. Il devient urgent de sauver ce site qui est très certainement le dernier hôpital de chemin des XIème et XIIème siècles encore debout en France. Cette manifestation était aussi une occasion de parler aux élus de sa réhabilitation, mais lorsque l'on aborde ce projet avec l'un ou l'autre on sent que cela va être très compliqué, ce ne semble pas être leur priorité première, les regards sont plutôt fuyants.

Assemblée Générale du 12 mars 2016

Samedi 12 mars l’association « L’abbaye de Mormant Revivra » tenait son assemblée générale à la mairie de Leffonds. La dernière assemblée remontait au 20 juillet 2013. Les membres présents ont procédé à l’élection du bureau. Arnaud Devilliers a été élu président, Alain Catherinet vice-président, Angélique Roze secrétaire, Annick Michelot secrétaire adjointe, Angéline Michelot trésorière. Ont été nommés Serge Fevrier référent via Francigéna et Anthony Bottigliri chargé de communication.
La trésorière a fait un état de la trésorerie qui reprend peu à peu des couleurs avec la vente des livres sur l’abbaye de Mormant. L’édition avait alors coûté à cette époque 10920€ pour 800 exemplaires dont 400 pour l’association. A ce jour une bonne centaine de livres ont été vendus. Le patrimoine est en danger.  Le bâtiment a bénéficié de quelques perfusions, le goutte à goutte réglé au minimum. La restauration,  on en parle depuis plus de trente ans, depuis son classement au titre des monuments historiques, sous la mandature de madame Labbé, maire à cette époque. Aujourd’hui l’association est prête à remuer ciel et terre pour faire avancer les choses. Le bail signé entre la commune et l’association en 1983 sera dénoncé. L’association et la municipalité devront mener de pair ce projet. L’association va s’appuyer sur la Fondation du Patrimoine pour faire avancer les choses.  La fondation du patrimoine a pour but de sauvegarder et valoriser le patrimoine comme celui de Mormant. Elle aide les associatifs à financer leurs projets par la mobilisation du mécénat d’entreprise et par l’organisation de souscriptions publiques. La Fondation peut  également attribuer des subventions, prélevées sur ses fonds propres, aux collectivités et associations qui sont parvenues à susciter un engouement populaire exemplaire autour de leur projet. Il va falloir soulever toutes les difficultés et sollicités toutes les instances. Ce projet va au-delà de la commune, du département, et de la région, il en va de la survie de ce patrimoine.
Le 14 mai une exposition présentation de la via Francigena par Charles Myber aura lieu à la salle des Fêtes de Leffonds. Ce même jour une première rencontre se déroulera à Mormant avec un cheminement sur la via Francigena de leffonds à l’abbaye avec un déjeuner autour d’une assiette du pèlerin de sur le site. Le programme définitif est en cours d’élaboration. Une nouvelle réunion est programmée pour le 25 mars à 20 h 30 à la mairie.

Les premières Rencontres de la via Francigena à Mormant auront lieu le 14 mai 2016.
Une souscription sera lancée pour sauver l'abbaye
 

Programme prévisionnel à titre indicatif:

  • 9H: Café d'accueil offert par la commune à la salle des fêtes de Leffonds
  • 9H30: Présentation de l'exposition de M. Charles Myber sur la via Francigena (parcours de pèlerinage/randonnée entre Londres et Rome passant par Mormant) à la salle des fêtes
  • 10H30: Inauguration d'une plaque de pèlerin sur l'église de Leffonds en présence de Monseigneur Joseph de Metz-Noblat, évêque de Langres et de Mme Marie-Claude Lavocat, vice-présidente du Conseil Départemental
  • 11H15: Marche de Leffonds à Mormant sur le parcours de la via Francigena: 5 km
  • 12H15: Inauguration d'une plaque de pèlerin sur l'abbaye de Mormant avec le Maire de Leffonds
  • 12H45: Déjeuner "assiette du pèlerin" ou repas tiré des sacs

L'après-midi:

  • - Visites guidées des abords de l'abbaye
  • - Dédicaces du livre sur Mormant par Alain Catherinet
  • - Animations: atelier d'écriture médiévale, ...

Date de dernière mise à jour : 12/02/2020

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