Leffonds

Etude de Restauration (oct-1998)

Estimation de Travaux selon Programme établi en 1998.

Montant total estimé : 1 021 408,42€.

Le programme des travaux prévoit deux étapes d'intervention.

-Une première tranche sera consacrée uniquement à la restauration de l'édifice, avec la consolidation des voûtes, des maçonneries extérieures et de la toiture.

-Une seconde tranche sera réservée a l'aménagement des abords avec la restitution des niveaux de sol el la mise en valeur de la citerne.

I - Restauration de l’édifice

Maçonneries

Maçonnerie extérieures et intérieures

Le programme des travaux prévoit un nettoyage complet des maçonneries extérieures en moellon, moellon a parements dresses et pierres de taille, avec rejointoiement sur l'ensemble des surfaces et reprises des joints en partie basse par refichage profond. Les pierres altérées ou cassées seront remplacées par des pierres neuves analogues aux existantes. Pour l'ensemble des décors sculptes, une restauration à l'identique sera effectuée comprenant un nettoyage avec consolidation et complément au droit des lacunes. L'ensemble des baies seront restaurées à l'identique complétées par des volets en bois plein, certaines d'entre elles seront bouchées a la demande. Une réfection des arases se fera le long des murs gouttereaux ainsi que sur les rampants des murs pignons avec des confortation par reprises de l'appareillage au départ des fissures. Ces fissures seront traitées par injection de coulis au mortier de chaux. Un nettoyage des parements intérieurs sera effectué, particulièrement dans la grande salle, par nébulisation comprenant émoussage.

Les voûtes

La restauration portera essentiellement sur l'ensemble des voutes d'ogives de la grande salle et sur les voutes d'arêtes de l'étage. Dans un premier temps, les arcs doubleaux de la grande salle seront étayés. Cette intervention permettra d'assurer, dans un second temps, le remplacement des étais en place sous les croisées d'ogives, par un étaiement cintre mieux approprie aux travaux futurs.

Concernant les voutes A, C, D, H, E l'intervention se fera par l'intrados et consistera  à conforter le contrebutement des voutes par recalage et rejointoiement des claveaux de nervure qui auront glisse. Les éléments casses ou manquants seront remplacés à l'identique. Les voutes B, I, F, G qui ont subi des désordres plus important    (affaissements provenant du poids accumulé des murs de refend et de la charpente de l'étage) seront reprises au revers (cote extrados).après enlèvement partiel du dallage, déblaiement des terres. On procèdera par un démontage par parties des voutains et voussoirs de nervures altérés et seront remplacées lors du remontage par des éléments neufs analogues aux existants. Certaines voûtes présentant un affaissement trop aigu, à l'image de la travée F nécessiteront une reprise totale de la voûte. Dans un troisième temps les voûtes de l'étage seront étayées permettant des reprises partielles de maçonnerie, les fissures seront traitées par injection au coulis de chaux. La première voûte sera en partie démontée et reconstituée après le bouchement du passage. Les voutes seront confortées a la base.

Les murs de refend de l'étage

Afin de soulager les voûtains de la grande salle, les murs seront repris en sous-œuvre par des poutres en béton constituant une structure horizontale autonome destinée a reporter le poids sur les piles. L'opération se fera par chevalement des murs. A mesure que les maçonneries seront déposées, la base sera reprise par des entretoises en bois calées a des intervalles réguliers entre la sous face du mur et les filantes reposant sur le sol. Ces chevalets permettront la réalisation de saillies dans l'épaisseur du plancher (55 cm) au-dessus de la clé de voûte. Apres la mise en place du ferraillage, le béton sera coulé dans les tranchées du réseau préalablement établi. La charge de la charpente transmise au poteau, sera reportée sur une des poutres de la structure nouvellement réalisée. Un chevalet monte sous l'entrait reprendra les efforts lors de la reprise. On profitera des déblaiements occasionnés par la reprise en sous-œuvre pour intervenir, dans un même temps, sur les voutes directement concernées.

La charpente

La restauration de la charpente se fera à l'identique. Une révision complète de la structure sera opérée avec une récupération  maximum des bois d'origine. Les pièces manquantes ou détériorées  seront remplacées par des bois neufs en chêne flacheux. Une remise en aplomb général des fermes sera nécessaire, ainsi qu'une révision du contreventement longitudinal en remplaçant les éléments altérés et en complétant les pièces manquantes (croix de Saint-André). Une révision générale des assemblages sera faite, les renforts par brides métalliques seront à la demande. Afin de désencombrer la baie située sous l’égout du mur pignon Nord-Est, la panne-sous-faitière de la première travée, sera remplacée et remontée plus haut sur une muraillère adossée contre le linteau de la fenêtre. Apres la réfection des arases, des sablières neuves seront posées le long des murs gouttereaux pour recevoir les chevrons. Une reprise complète du chevronnage et du liteau sera effectuée. Le plancher de l'étage ainsi que le plafond de la salle, décorée d'une fresque, seront réparés avec dépose et repose des pièces de bois altérées. La gouttière pendante en zinc sera remplacée par une gouttière neuve en bois.

La couverture

Les tuiles mécaniques existantes seront remplacées par des tuiles plates à l'ancienne

II - Aménagement des abords, restitution des niveaux de sols et mise en valeur de la citerne

Après la restauration de l'édifice, le projet prévoit dans un premier temps, le déblaiement en simultané des terres de la salle voûtée et des remblais extérieurs jusqu'à retrouver les niveaux de sols d'origines. L'intérieur de la salle sera reconstitue en tomettes. Un nettoyage complet sera effectué sur les parties déblayées (base des piliers, arcs formerets, oculus). Le dégagement des remblais extérieurs constituera une cour sur trois cotes. Elle se limitera sur la partie nord-ouest à un mur de soutènement, construit en contrebas de la route, et au mur de la parcelle, partie nord-est, on se trouve le caveau du commandeur. Sur la partie sud, un autre mur de soutènement sera construit parallèlement au bâtiment à une distance de 2m50 environ des vestiges de la maison forte et du petit enclos. Le mur de la parcelle sera conforté à mesure du déblaiement des terres, et sera réalisé en maçonnerie de moellon sur la hauteur du décaissement par reprise en sous-œuvre. Ainsi ce projet s'inscrit dans le principe de mur de terrasse, mur de clôture en moellon appartenant au paysage architecturale de la commanderie. Le décaissement se limitera précisément à la grande salle voûtée mettant en valeur la partie la plus ancienne et la plus intéressante de l'édifice sur le plan archéologique. Des escaliers aménagés permettront d'accéder à la cour et à l'intérieur du bâtiment. L'escalier de la façade nord-est sera prolongé plus bas jusqu'au niveau de sol restitué, par la construction d'une volée supplémentaire en maçonnerie formant un escalier droit à double volées. Cet aménagement tiendra compte des traces des deux arcs laisses par l'ancienne église. La citerne enterrée sera découverte en partie, de manière à mettre en évidence les maçonneries de surface (extrados des voûtes ou dalle maçonnée) et les arases des murs périphériques. Une opération d'assainissement de la citerne sera réalisée avec le curage des réseaux d'amené et de recueillement des eaux de pluie. Sur les parois internes, une réparation des fissures en recherche sera effectuée ainsi que le rejointoiement partiel des maçonneries et la reconstitution ponctuelle de l'enduit (mélange de chaux et de brique pilée). Le rapport entre la citerne et la « grange dimière » qui l’alimentait autrefois sera mis en évidence par un traitement distinctif du sol avec un pavage pose dans le prolongement des façades latérales s'interrompant au milieu de la citerne, marquant ainsi sa séparation en deux vaisseaux. Légèrement rehausse, le pavage constituera également une plate-forme de sécurité permettant l’accès à la citerne. Ces aménagements futurs vont créer, au niveau du bâtiment, un passage d'étranglement, ramenant la route à une seule voie. Pour maintenir la circulation, le double sens sera conserve. Des panneaux seront mis en place pour faire respecter la restriction de chaussée. L'aménagement des abords a également pour but de revaloriser les autres vestiges de la commanderie. De plus, l'objectif de ce projet sera de rappeler les parties disparues afin de mieux comprendre la configuration antérieure de l'ensemble en tenant compte des différentes époques de construction. Le projet bénéficiera de l'unité préservée de 1'ancienne basse-cour rassemblant les vestiges autour d'un même espace. Une intervention sera opérée sur la partie nord-est de la parcelle. II est prévu d'aménager une rampe qui viendra se glisser entre les murs existants, celui qui clôture le grand pré et celui qui limite le petit enclos à cote des ruines de la maison forte. Cette rampe, tout en servant d'accès aux handicapés à la salle voûtée offrira aux visiteurs la possibilité de se promener autour de l'ancienne basse-cour. De surcroit, en dégageant une partie des remblais, la rampe accentuera l'alignement de la « grange dimière », du mur du petit enclos et de « l'hôpital », exprimant ainsi la disposition d'origine de la Maison-Dieu. A l'intérieur de la basse-cour, pourront être visités l'hôpital, les ruines de la maison forte et le petit enclos qui conservera son allure de petit jardin. Les chemins à ces vestiges seront constitués respectivement de gravillon et de terre stabilisée.

Date de dernière mise à jour : 09/02/2021

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