Souscription pour la Maison Dieu

Leffonds (village de la Haute-Marne) "Grand Est" Son actualité, ses activités, et à découvrir son ancienne commanderie.

Une vie bien remplie

Une vie bien remplie en communion avec la nature

Jean Marie Petitot fait partie de ceux qui ne reculent pas devant les tâches. Toujours en quête de nouveautés, il regarde en arrière uniquement pour apprécier tout ce qu'il a accompli et mené à bien. Un homme qui sait profiter pleinement de ses années de retraite.

Jean Marie, quel est votre parcours ?
« J'ai commencé à travailler dès mes 14 ans, certificat d'études en poche. Mon père n'attendait que ça, il avait déjà tracé mon avenir : « Tu seras mécanicien ». J'ai donc été embauché comme mécanicien agricole chez Bourgogne à Chaumont pendant 3 ans. À 19 ans, je me suis marié. J'ai travaillé comme mécanicien poids-lourds jusqu'à mes 30 ans, avant de changer complètement de carrière et de me lancer dans les assurances, où j'ai exercé pendant 30 ans, « de 30 à 60 ans », principalement dans le Midi. Une région idéale pour pratiquer la plongée sous-marine, que j'ai explorée durant 20 ans. À 55 ans, j'ai bénéficié d'un plan de départ en préretraite inattendu. Pendant 5 ans, tout en recevant une rémunération réduite, j'ai exploré diverses activités pour rester occupé. Ensuite, une loi m'a permis de cumuler un emploi avec ma retraite dès mes 60 ans, avec un salaire plafonné. J'ai ainsi travaillé jusqu'à mes 74 ans et saisi l'opportunité de passer ma licence de pilote d'avion, accumulant 1000 heures de vol aux commandes.

Et maintenant, comment faites-vous pour lutter contre l'ennui ?
« Je ne m'ennuie pas du tout ; je me suis constitué un petit univers personnel avec un parc privé de 6 hectares sur le territoire de Leffonds, aménagé progressivement au fil des acquisitions. Cet endroit est devenu un havre où j'aime me ressourcer et profiter des senteurs de la nature. Un bel espace de sérénité.
J'adore la restauration, et ces projets étaient vraiment passionnants : redonner vie au cours d'eau qui traverse ma propriété, nettoyer le bief en laissant la nature agir librement, sans perturber le débit de l'eau, tout en préservant la faune aquatique. Entre l'élagage et les nouvelles plantations, de nombreuses heures ont été consacrées à laisser la nature s'exprimer librement. Passionné par l'écologie, je m'efforce de protéger cet environnement, et l'espace que j'ai aménagé encourage une biodiversité riche et dynamique. Dès l'achat de mes terrains, j'ai planté des arbres, et aujourd'hui, je suis fier de pouvoir contempler leur croissance remarquable. »

Votre havre de paix est-il chargé d'histoire ?
« Oui, on retrouve encore aujourd'hui des traces de nombreuses activités industrielles datant de l'ère napoléonienne. Il reste encore des tas de charbon et de calamine comme témoins de cette époque. La rivière « La Suize » avait été déviée pour alimenter une roue, indispensable au fonctionnement des usines. En 1709, l'usine de Rochevilliers, située à la limite de ma propriété, comprenait un haut fourneau et une affinerie appartenant au Grand Prieur de Champagne. En 1818, elle produisait 600 tonnes de fonte et 150 tonnes de fer, nécessitant 1800 tonnes de minerai et 975 tonnes de charbon de bois. En 1837, la production atteint 1000 tonnes de fonte et 200 tonnes de fer, mais elle cesse vers 1850. Le haut fourneau et l'affinerie sont finalement supprimés en 1863. »

Vous arrive-t-il de vous sentir seul au milieu de ce grand espace ?
« Effectivement, j'aime les animaux, je possède un âne, des oies, des poules, et même si le renard s'en charge parfois, je considère que cela fait partie de la loi de la biodiversité, et cela ne me dérange pas du tout. »

Vous avez restauré une croix de chemin. Etes-vous attaché au patrimoine ?
« En effet, c'est aussi une passion. Cette croix délaissée et vandalisée, je l'ai quelque peu déplacée pour la remettre en état et la sécuriser. Je l'ai dédiée à Saint Jean-Marie Vianney, le curé d'Ars, en mémoire d'un pèlerinage que j'ai fait avec l'abbé Tessanne à l'âge de 12 ans. Ce souvenir m'a profondément touché et m'a aidé à traverser une grave épreuve de santé, et je lui en suis infiniment reconnaissant. Je vais régulièrement en pèlerinage à Ars. J'aime m'occuper des vieux monuments quand cela s'avère nécessaire, comme la chapelle Notre Dame de la Bonne Garde, située entre Villiers et Leffonds. J'y accorde une attention particulière car elle représente une part importante de notre patrimoine local. »
Jean Marie ne compte pas s'arrêter là, et son esprit bouillonne d'idées avec une multitude de projets, indispensables à son équilibre. Et dans ce monde instable d'aujourd'hui, il démontre qu'être actif aide à rester en forme, peu importe l'âge. Si Brassens vivait heureux auprès de son arbre, Jean Marie vit heureux auprès de son âne.

 

 

Date de dernière mise à jour : 24/01/2026

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