Leffonds

Leffonds (village de la Haute-Marne) "Grand Est" Son actualité, ses activités, et à découvrir son ancienne commanderie.

A Leffonds, chez Sylvie Meilley, si l’art m’était conté

La thébaïde ouvre ses portes aux élèves.

Sylvie meilleySylvie Meilley, une artiste peintre qui parvient à transmettre avec justesse ses émotions à travers ses toiles. Dès que je rentre dans une forêt je ne ressens plus les frontières érigées par les humains entre eux et la nature. Mes pas deviennent légers et mon cœur est une liane qui se lie intimement aux arbres.ma peau se fait écorce et une sève nouvelle coule dans mes veines.

Jeudi 17 septembre, l'artiste peintre Sylvie Meilley accueillait les élèves de CM1/CM2 dans son atelier. Elle précise d'emblée que, même si son espace ressemble à une galerie d'art, ce n'en est pas une. « Dans une galerie, on choisit et on laisse de la place autour des œuvres pour qu'elles respirent. Ici, ça ne respire pas, j'essaie d'en mettre le plus possible, c'est avant tout un atelier. »
À la question de ce qui l'inspire, elle explique : « En général, j'ai toujours mon appareil photo. Tout commence ainsi. Je regarde les clichés que j'ai pris et ceux que je vais capturer, puis je les transpose sur la toile. Ce n'est pas facile de se détacher de la photo : on veut recopier chaque détail, mais c'est une impasse. Je réduis l'image au format timbre-poste sur mon ordinateur, et alors je ne vois plus les détails, seulement l'essentiel, ce qui m'aide à composer et structurer. »
Elle souligne que l'image du peintre donnant distraitement des coups de pinceau est fausse : « On peut rester une demi-heure devant sa toile, comme devant un jeu d'échecs, à se demander : si je mets cet élément ici, qu'est-ce que ça va donner ? Plus on avance, moins on a droit à l'erreur. C'est toujours rattrapable, mais long, car il faut recouvrir et recommencer. Je n'aime pas perdre mon temps, donc je réfléchis beaucoup avant. »
Elle raconte aussi qu'un commissaire d'exposition l'a aidée lorsqu'elle a repris la peinture après une longue pause, et que, suivant ses conseils, elle s'est rapprochée de la structure du paysage.
Une maison, si on rate la structure, elle nous tombe sur la tête. En peinture, si on rate la structure, elle nous prend la tête.
Pourquoi je choisis cette photo ? Il y a forcément une raison qu'on ne trouve pas avec des mots, mais qu'on peut exprimer avec un pinceau. Ce que j'aime dans la nature, c'est l'absence de toute trace humaine. Dans chacun de mes tableaux, j'efface inconsciemment ces traces. C'est amusant, car au final, peindre, c'est aller au cœur de ce qu'on ressent.
On commence un tableau en noir et blanc, on cherche l'ombre et la lumière pour en poser la structure. On ne peint pas seulement ce qu'on voit, comme disait Picasso : « Je ne peins pas ce que je vois, je peins ce que je sais. » Ensuite viennent les couleurs. J'ai toujours détesté peindre des bouquets de fleurs dans des vases, et je ne veux pas qu'on m'en offre. Je dis à mes amis qui viennent dîner : s'il vous plaît, pas de fleurs. Rien ne me déprime plus qu'un bouquet qui se fane dans un vase. Les fleurs, c'est au jardin. En peinture à l'huile, on mélange plusieurs couleurs pour obtenir des tons immédiatement. En acrylique, on travaille souvent par couches successives. Les élèves, toujours attentifs, n'ont pas ressenti le besoin de poser de questions. Sylvie, à travers sa présentation et ses explications, a eu l'impression de répondre à toutes celles qu'ils auraient pu avoir. Pour toutes ces oreilles curieuses, cette sortie enrichissante a été très appréciée.

Sylvie meilley1Chez Sylvie, on ressent l'âme d'une professeure des écoles qui n'a rien perdu de son goût pour transmettre son savoir.

Date de dernière mise à jour : 12/10/2026

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